La perliculture en termes de ressource à l’export

La filière perliculture représente la deuxième ressource en devises du Pays après le tourisme, avec 10,3 milliards F CFP d'exportation en 2003. C’est la ressource exportée la plus importante puisqu’elle atteint représentait plus de 90 % des exportations en 1996. Elle contribue en moyenne depuis 10 ans à 85 % des exportations de produits locaux. En 20 ans, les ventes de perles ont vu leur valeur multipliée par 112 alors que, dans l’intervalle, le produit intérieur brut du Pays n’a été multiplié que par 6.

Cette valeur à l’exportation est principalement générée par la vente des perles de culture brutes (10,2 milliards F CFP en 2003) qui représente près de 99 % des ventes totales de perles.

Les perles de culture de Tahiti se sont hissées au 1er rang mondial du marché total des perles brutes (25,8 %). Elles ont maintenant la même notoriété que les perles Akoya (Japon) ou South Sea pearls (Australie). Les grands pays acheteurs sont le Japon, Hong-Kong et les USA.

evolution des exportations des produits locaux de Polynésie française

Le rôle social de la perliculture

Les Tuamotu-Gambier représentent environ 92 % (1,2 millions d’hectares) de la surface lagonaire du Pays. Avec ses atolls gorgés de nacres, représentant autant de bassins d’élevage, il était normal que la perliculture y soit une des activités principales. L’activité perlière occupe actuellement 3 % des lagons des 30 îles perlières.

Les impacts de l’activité perlière sont observés au niveau économique et social. De 1971 à 1997, la population de l’archipel qui n’avait cessé de régresser, double et passe de 8 226 à 16 370 habitants. En matière de revenus, les années fastes de la perle ont vu les niveaux de vie des îliens décuplés.

Ainsi, en fournissant des emplois et des revenus, la perliculture a favorisé le repeuplement des îles, le plus souvent avec des jeunes. De façon indirecte, elle a fortement contribué au désenclavement des Tuamotu par l’installation d’une population de manière stable qui a entraîné l’amélioration du réseau de transports et le développement des structures scolaires.

Le rôle en matière d’emplois

Le secteur génère des emplois directs qui sont occupés principalement par les manœuvres. Ensuite viennent les plongeurs puis les gérants. Dans les fermes familiales ou de petite taille (80 % des fermes), les postes sont tenus par la même personne. La part des activités de production perlières représente 86 % des emplois du secteur, 14% étant détenue par les activités dérivées (négociants, joailliers, bijoutiers, artisans).

Le rôle dans le budget du Pays

Depuis 1993 a été instaurée une taxe d’exportation de toutes les perles, le droit de sortie des perles à l’export (DSPE). 65 % des recettes fiscales alimentent le budget du Pays, 35 % financent la promotion de la perle à l’étranger par le biais du GIE Perles de Tahiti. En 2003, les recettes pour le budget du Pays s’élevaient à 1,3 milliards F CFP.

Les procédures de régularisation prévoient des indemnités redevances forfaitaires pour la mise en conformité des concessions maritimes, en plus des redevances annuelles. Depuis le début des régularisations, le montant versé pour les indemnités s’élève à 125 millions F CFP. Au total, on estime à 332 millions F CFP le montant des pénalités pour la totalité des demandes de régularisation, et 205 millions F CFP pour les redevances classiques.

Comme le montrent ces chiffres, tant en termes de devises que d’emplois ou de recettes fiscales, la perliculture est un pilier de l’économie polynésienne. A l’étranger, la perle de culture de Tahiti est maintenant incontestablement associée à la Polynésie française.

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