Les 548 pièces étaient toutes intactes, et leur taille variait de 2 mm à 12 mm de diamètre. Elles étaient rondes ou ovales, en forme de bouton ou de goutte, ou baroques. À première vue, rien ne les rendait suspectes. Toutefois, lorsque nous les avons plongées dans une solution de tétrachlorure de carbone pour les radiographier, deux perles noires, des sphères légèrement baroques (d’environ 3 mm de diamètre), se sont mises à flotter, preuve qu’il s'agissait d'imitations. Examinées au microscope gemmologique, elles ont révélé une surface légèrement irrégulière et granulaire. Il est apparu aussi qu'elles étaient très tendres car, lorsqu'on les a piquées avec une aiguille, la surface à cet endroit a été trouée. Une pointe chaude appliquée à la surface a produit une odeur typique de plastique brûlé. Sur la base de ces caractéristiques, on en a déduit que ces "perles" étaient du plastique noir.

La radiographie a révélé une deuxième catégorie d’imitation dans le même colis. Toutes ces perles étaient parfaitement rondes (de 4,75 mm de diamètre) et ont parfaitement absorbé les rayons X. L'examen au microscope de ces sphères gris argent a révélé de petits points brunâtres à la surface, mais pas les lignes de suture que l'on voit souvent sur les perles naturelles ou les perles de culture. Chaque perle pesait environ 2,20 carats, soit trois fois plus que le poids de perles authentiques de dimension semblable. L'analyse chimique qualitative à la spectroscopie des rayons X par dispersion d’énergie n'a révélé que du fer, avec une trace de titanium. Sur la base de ces caractéristiques combinées, on a identifié ces sphères comme des billes d'acier. Tous les autres spécimens contenus dans le colis ont présenté à la radiographie les caractéristiques habituelles des perles naturelles (c'est-à-dire qu'il ne s'agissait pas de perles de culture).

Bien que le laboratoire suisse de gemmologie ait déjà vu des perles d'imitation en plastique, c'étaient les premières perles en acier qu'il avait l’occasion d'observer.

Ce rapport a été rédigé par M. Michael S. Krzemnicki, de l'Institut suisse de gemmologie SSEF.

Gems and Gemology, septembre 2002 et L'huître perlière – Bulletin de la CPS n°16

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