Ce mollusque lamellibranche se reconnaît à sa forme allongée et à la nacre, souvent marquée de perles, qui tapisse ses valves. Les adultes mesurent de 8 à 14 cm et vivent aux deux tiers enfoncés dans le sédiment (sable ou gravier), en position quasi verticale. Elle filtre ainsi environ 50 litres d'eau par jour !

Pour la reproduction, le mâle libère ses spermatozoïdes dans l'eau, ils rejoignent alors les ovules, très abondants de la femelle. La larve (glochidie), minuscule (0,05 mm) demeure à l'intérieur de la femelle durant un mois. Libérée, elle se fixe alors dans les branchies d'un salmonidé. Ensuite la moule tombe sur le fond, entre sous les graviers et poursuit son développement. La maturité sexuelle intervient entre 15 et 20 ans, la moule peut vivre plus d'un siècle !

C’est de cette moule qu’étaient tirées les perles qui constituaient les parures anciennes jusqu’à la découverte au 18e siècle des huîtres perlières dans les mers chaudes. Des pêcheurs récoltaient cette moule jusque dans les années 1950 pour ses perles.

Cette moule constitue un excellent indicateur écologique. L'habitat de la moule perlière correspond à des eaux fraîches, courantes, pauvres en calcaire, à fond de gravier ou de sable mais dépourvu de vase. Elle tolère très mal la présence de phosphates, ne supporte pas des eaux avec plus de 5 mg/l de nitrate et ne peut se reproduire avec plus de 1 mg/l ! (rappelons que la norme autorisée est 50 mg/l).

Par son cycle de reproduction et son écologie, cette espèce dépend de la présence et de la bonne santé d’autres espèces aquatiques, comme les saumons et les loutres. L'aire de répartition de la moule correspond à celle du saumon dans le bassin atlantique : Adour, Massif Central, Bretagne, Vosges, Ecosse, Irlande, etc. Ces régions ont en commun d'avoir des eaux acides.

En France, les populations de moules perlières se sont considérablement réduites et elle n'est plus présente que dans 31 rivières. Il ne resterait en France que 100 000 moules perlières.

La raréfaction de la moule perlière est liée à trois causes :

  • la régression du saumon et ses causes : barrages, pollution, envasement des cours d'eau.
  • la pollution des cours d’eau au nitrates notamment.
  • les prélèvements excessifs.

Ministère délégué à la recherche

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