La théorie de la couleur qui sous-tend ce système hautement élaboré aidera les spécialistes de la perle à décrire précisément où chaque gemme se situe dans un "espace de couleur" à trois dimensions, défini par sa teinte, son ton et sa saturation. Le GIA a établi dix-neuf teintes essentielles ou "noms de couleurs". Il a également placé les perles appartenant à chacune de ces catégories de teintes sur un axe central qui représente les variations de ton, depuis le blanc jusqu'au noir, en passant par le gris.

"Il importe de se rappeler que ces espaces de couleur sont assez larges, la même nomenclature pouvant s'appliquer à différentes couleurs", dit M. Moses, ce dernier insistant sur la nécessité d'avoir des descriptions acceptables, qui ne donnent pas des spécifications de couleur trop précises. "Chaque description admet une certaine fourchette."

"Là où l'exercice devient difficile, c'est lorsqu'il faut créer un langage uniforme pour décrire les perles", dit M. Moses. D'une part, les perles, contrairement aux matériels inorganiques comme les textiles et les peintures, ne remplissent pas le spectre de couleurs entier, du moins les perles non traitées. Les teintes se limitent à des nuances de blanc, de doré et de noir, sauf, peut-être, pour les perles de Tahiti qui présentent une palette plus large de couleurs.

D'autre part, une perle reflète souvent une mosaïque complexe de couleurs, son corps, ses reflets et son orient se mélangeant en un ensemble fantasque de nuances difficiles à séparer. Prenant comme exemple une photographie d'une magnifique perle tahitienne, qu'il décrit comme ayant "un corps vert nuancé de bleu, des reflets puissants rose-vert et un orient d'un vif éclat", M. Moses démontre combien les perles de ce genre "rendent la vie dure à quiconque veut établir un système de description en raison de leur complexité".

National Jeweler (1er avril 2003)

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