Lors d'une interview accordée au quotidien tahitien La Dépêche de Tahiti, Robert Wan, l'un des premiers entrepreneurs de la région à avoir investi des sommes importantes dans l'industrie il y a plus de 20 ans, a indiqué que la crise actuelle a surtout été causée par un excédent de production et à une baisse de la qualité, qui ont provoqué la chute des prix. Cela s'est traduit par la mise à pied de quelque 400 employés de la société Tahiti Perles pendant six mois, en particulier dans les fermes perlicoles des archipels des Tuamotu et des Gambier. Au cours de cette période, Wan a veillé à ce que les employés touchés reçoivent un dixième de leur salaire actuel. “Depuis l'an dernier, les ventes aux enchères tenues à Papeete ne suscitent pas autant l'intérêt des acheteurs étrangers”, a-t-il affirmé.

Wan rappelle que les prix ont chuté de 70 pour cent depuis 1994 et de 20 pour cent au cours des derniers mois. Sa société a également décidé de mettre fin à ses activités de greffage (technique qui consiste à implanter dans l'huître le nucléus d'une future perle) pour les stocks dont la récolte aurait lieu en septembre 2002. Wan prévoit également que la concurrence des autres pays océaniens sera de plus en plus vive, notamment de la part des Îles Cook (archipel voisin) et des Îles Fidji (qui ont produit leur première série de perles noires cette année), sans oublier la Micronésie, les Îles Marshall et les Îles Salomon. Jusqu'à récemment, Perles de Tahiti avait une production annuelle de perles noires d'environ cinq tonnes.

En mars 2001, M. Gaston Flosse, président de Polynésie française, a assumé lui-même la responsabilité du portefeuille de l'industrie perlicole et a fait adopter des mesures draconiennes de contrôle de la qualité (notamment la saisie et la destruction des perles de qualité inférieure). Selon les statistiques, la perliculture et les industries connexes emploient actuellement quelque 7000 personnes dans plus de mille fermes perlicoles réparties dans les archipels éloignés de Polynésie française.

L'industrie a connu une période euphorique entre 1998 et 1999 au cours de laquelle elle a enregistré un taux de croissance record, soit 23 pour cent. Toutefois, les affaires ont ralenti en l'an 2000 (taux de croissance de seulement 14,4 pour cent, chiffre d'affaires global de 21,4 milliards de francs CFP, soit plus de 160 millions de dollars américains). La Polynésie française produit environ un quart des perles noires du monde entier. En 2000, les deux syndicats de producteurs du territoire (Poe Rava Nui et Tahiti Pearls Producers) ont organisé trois ventes aux enchères au cours desquelles 460 000 perles noires ont été vendues; quant aux exportations, elles ont totalisé 5,8 millions de perles.

Flash d'Océanie/CPS

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