Durant la Paspaley Pearls Auction qui s'est déroulée du 25 au 27 février dans le cadre du 19e salon mondial de la joaillerie organisé à Hong Kong, quatre-vingt pour cent environ des perles mises en ventes dont la plupart entraient dans la catégorie des perles de qualité commerciale, ont trouvé preneur.

Le prix de vente des perles des mers du Sud a accusé un très net recul l'année dernière et certains négociants ont fait état de pertes atteignant jusqu'à 25 ou 30 pour cent. Aujourd'hui, tout le monde se pose la même question : le marché a-t-il atteint son niveau le plus bas ? Beaucoup répondent par l'affirmative.

"Les prix ont amorcé une légère reprise, mais demeurent modestes", déclare Alex Vock, de la société Provockative Gems, basée à New York et spécialisée dans les perles des mers du Sud.

Vock précise que le prix des perles de qualité commerciale a augmenté d'environ 20 pour cent depuis les enchères de novembre dernier, tandis que les pièces de bonne qualité se vendent encore à des prix inférieurs à ceux pratiqués l'année dernière à la même période. Selon lui, l'accroissement de la production de perles indonésiennes a entraîné un excédent de produits de bonne qualité.

À Tahiti, le tableau est un peu plus sombre. Robert Wan, pilier de l'industrie perlicole polynésienne, a vendu près de 50 000 perles (environ 40% des lots mis en vente) pour un total de 3,5 millions de dollars USD lors de la vente aux enchères Robert Wan/Perles de Tahiti qui s'est déroulée du 28 février au 1er mars.

Plutôt que de vendre ses perles en deçà de leur prix de réserve, Robert Wan a préféré conserver sa marchandise et tout mettre en oeuvre pour stabiliser le marché tahitien, particulièrement volatile, qui a récemment été littéralement submergé par l'arrivée massive de perles de qualité commerciale, au point que les prix se sont effondrés et sont toujours en chute libre. Pour mettre un terme à la dégringolade des prix, Wan a annoncé qu'il allait réduire sa production en 2002. Cette décision s'ajoute aux mesures de réduction de l'offre prises l'année dernière par le gouvernement de Polynésie française.

"Compte tenu de la situation économique observée dans le monde comme en Polynésie française, le maintien de la production perlicole à son niveau actuel ne pourrait qu'entraîner une nouvelle baisse du prix des perles de Tahiti", a-t-il indiqué dans une déclaration officielle.

À l'issue des ventes aux enchères des derniers mois, les plus optimistes ont fait valoir que les mesures mises en place pour freiner la chute des prix commençaient à porter leurs fruits, citant par ailleurs des informations non vérifiées selon lesquelles de nombreux perliculteurs auraient mis un terme à leurs activités. Selon eux, la baisse de la production qui en résultera devrait entraîner une hausse des prix au cours des six à huit prochains mois. Les observateurs les plus réalistes affirment pour leur part qu'ils ont déjà entendu cette rengaine à de nombreuses reprises sans qu'elle se confirme.

"Il y a une différence entre ce que nous entendons et ce que nous constatons", déclare Vock, de Provockative Gems. " Il y a actuellement tellement de perles dans le circuit (tahitien) qu'à ma connaissance, personne n'achète ni ne vend comme si l'offre était appelée à baisser. Aujourd'hui, le seul moyen de vendre de la perle de Tahiti, c'est de vendre à bas prix."

L’huître perlière – Bulletin de la CPS n°15

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