La perliculture offre à cette habitante de Cairns un nouveau mode de vie. C’est en 1989 que Mme Foggin et son mari John, alors marin, prenant le risque de se lancer dans un nouveau métier, ont ouvert la Arlington Pearl Farm sur la Grande barrière de corail, qui produit des perles d’excellente qualité.

Après une bonne première récolte de perles noires produites par Pinctada margaritifera, en décembre de l’année dernière, les époux sont convaincus que leur entreprise leur permettra de récupérer largement la mise de fonds de 500 000 dollars australiens qu’ils ont consentie pour le greffage expérimental, les salaires et la construction d’un ponton sur la Grande barrière.

Les chaudes eaux tropicales de la Grande barrière de corail se révèlent idéales pour les précieuses perles des mers du sud. Arlington Pearls attire des milliers de touristes, maintenant conduits par Sunlover Cruises. La société Sunlover propose aux touristes de voir les huîtres perlières accrochées à des cordages, à diverses étapes de leur croissance, et d’acheter des perles de la première récolte d’Arlington.

"Lorsque nous avons démarré, nous ignorions tout à fait si l’eau conviendrait à la production de perles", déclare Mme Foggin. "Au début, nous avons dû construire un ponton sur le récif. Un membre de notre personnel y vit désormais et s’occupe de nos milliers d’huîtres."

Les Foggin attendent leur première récolte de perles blanches produites par Pinctada maxima à la fin de cette année. Mme Foggin explique que l’industrie perlière est dominée par des experts japonais qui entourent les secrets de leur profession d’un voile de mystère. Les perles sont greffées et récoltées par les experts japonais.

"Ils disent qu’il s’agit d’un art magique et refusent d’en révéler les secrets à qui que ce soit. Des techniciens japonais viennent tous les deux ans pour faire les greffes; il faut deux ans pour obtenir une perle et une même huître peut être utilisée deux ou trois fois."

La société exporte également de la chair d’huître séchée et s’apprête à mettre sur pied sa propre écloserie d’huîtres perlières sur le récif au large de Cairns.

Dans l’entreprise, Mme Foggin s’occupe de la vente au détail de bijoux réalisés avec des perles, qui sont proposés aux touristes amenés par Sunlover.

"Plus vous voyez les perles, et plus vous les aimez; chaque fois que vous manipulez une perle, vous y voyez quelque chose de différent. Elles finissent par vous ensorceler", déclare Mme Foggin, qui garde en lieu sûr les plus beaux spécimens de la première récolte de perles noires d’Arlington en attendant de s’en faire confectionner des bijoux à son usage personnel.

Extrait d’un article d’Eugénie Navarre, publié dans The Sunday Mail, 21 juin 1994, page 102.

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