La culture des perles akoya traverse une crise ; alors que la production de perles faiblit chaque année au Japon, la Chine a été touchée cet été par deux tempêtes sucessives qui ont détruit 65% des cultures de perles akoya du pays.

Ces événements vont provoquer une augmentation des prix au printemps prochain, quand de faibles quantité de perles arriveront sur le marché. Les experts attendent une augmentation des prix jusqu'à 40%. Cette flambée ne sera cependant que temporaire ; la Chine a déjà offert aux perliculteurs touchés par la catastrophe une aide qui leur permettra d'acheter des huîtres et des nucléus pour relancer leur production. Le risque d'une répétition de ces manifestations climatiques n'est cependant pas écarté. C'est là que le Vietnam entre en scène.

Il est encore trop tôt pour affirmer que le Vietnam, qui est à l'abri des tempêtes qui ont ravagé les fermes perlières chinoises, remplacera au moins partiellement la Chine et le Japon, mais ce pays a un gros potentiel.

Les perles akoya produites au Vietnam ont une épaisseur de nacre importante : des perles de 5 à 6mm de diamètre sont ainsi produites à partir de nucléus de 2,5mm en seulement un an. Ceci s'explique par une température de l'eau plus élevée, et une pollution plus faible qu'en Chine ou au Japon. Cette épaisseur de nacre supplémentaire est à l'origine d'une plus grande proportion de perles baroques. Les perles ainsi produites ont des tons plus chauds que les perles du Japon ou de Chine (couleurs crème, gris, doré,...), sembables aux perles produites au Japon dans les années 50-60.

Le Vietnam produit également de petites perles akoya (2mm de diamètre et plus), chose que le Japon ne sait plus produire depuis quelques années déjà. La production de perles akoya au Vietnam est estimée entre 700 et 800kg par an.

Les perles akoya du Vietnam sont en majorité vendues au Japon d'où elles seront exportées avec l'étiquette "made in Japan".

D'autres types de perles sont également cultivés au Vietnam :

Les perles de Pinctada margaritifera (similaires aux perles de Tahiti) sont cultivées sur la côte centrale du pays. Des fermes perlières cultivant P. maxima (perles des mers du Sud) sont également implantées sur la côte. Enfin, des perliculteurs cultivent des perles d'eau douce dans le nord du pays.

Le Vietnam est un pays où la perliculture, encore à ses balbutiements, offre un réel potentiel de croissance, qui lui permettra de jouer un rôle important dans l'industrie de la perle de culture dans les années à venir.

d'après un article de Modern Jeweler par David Federman

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