Exportations de coquilles de nacre de Polynésie française

L’évolution des exportations de perles brutes se décompose en quatre phases :

  1. Phase pionnière de mise en place des techniques d’élevage, colonisation des atolls par les fermes perlières,
  2. Développement exponentiel,
  3. Crise de la perliculture,
  4. Consolidation de l’activité.

Evolution des exportations de perles brutes de Polynésie francaise

Comment un tel rétablissement a pu être obtenu et comment poursuivre et améliorer le cycle vertueux ?

Condition du rétablissement

Dès 2001, en réponse à la crise, conséquence d’une production anarchique, le gouvernement de la Polynésie a créé un ministère et un service de la perliculture qui ont mis en place une série de mesures de gestion.

  • Arrêt de l’octroi de nouvelles concessions, inventaire des concessions existantes et respect de la réglementation. Professionnalisation de la filière perliculture avec une formation validée par un examen donnant accès à une carte professionnelle (éleveur, producteur de perle et négociant).
  • Classification des perles avec quatre niveaux de qualité et une épaisseur minimale de la couche nacrée de 0,8 mm. Le respect de ces critères a été obtenu par un contrôle systématique de toutes les perles exportées.
  • Promotion : intensification des actions de promotion s’appuyant sur ce contrôle de qualité pour restaurer la confiance du marché de la « Perle de culture de Tahiti ».
  • Application des résultats de la recherche à la gestion des stocks en élevage.
  • Prise de conscience de la profession qui a réduit la production.

L’ensemble de ces mesures a permis de réduire la production de 11 à 8 tonnes de perles et d’inverser la tendance à la baisse du cours de la perle.

Consolidation de l’activité

L’objectif global est d’augmenter le prix moyen des perles en stabilisant la production tout en augmentant la qualité.

  • Gestion de la filière : Poursuite des efforts d’organisation du ministère de la perliculture.
  • Marché : La concurrence impose une traçabilité des produits. Une appellation d’origine « Perles de Culture de Tahiti »et un marquage des perles sont à l’étude.
  • Promotion : Une étude approfondie des marchés a montré un fort potentiel pour les produits de qualité. L’objectif sera d’ajuster la production aux demandes ciblées du marché.
  • Recherche et développement

Maîtrise de la production : Meilleur contrôle des techniques d’élevage : collectage, greffe, nettoyage, mécanisation. Sécurisation et pérennisation de la perliculture par la mise en place d’un réseau de veille sanitaire et d’une étude pour optimiser le captage de naissain.

Environnement : Comprendre les interactions milieu et perliculture et anticiper les effets possibles du changement climatique.

Amélioration de la rentabilité : Amélioration des performances de production de perles par sélection génétique. Amélioration de la qualité globale des perles : comprendre les mécanismes intimes de formation des perles, élucider les phénomènes du cerclage et des défauts.

Les outils de recherche ont été mis en place de manière concertée entre le gouvernement de Polynésie, les professionnels et les organismes de recherche. Un programme général et fédérateur est en cours : le programme « Perliculture Durable ».

Conclusion

La Polynésie a su prendre les mesures adéquates pour réorganiser tout le secteur et garder sa suprématie sur le marché mondial de la perle. Elle va se trouver cependant confrontée à de nombreux défis pour préserver son économie. Des actions concertées menées par tous les acteurs de la filière permettront de relever ces défis pour aboutir à une gestion durable de la perliculture.

Cédrik Lo, Martin Coeroli, Dominique Buestel
Service de la Perliculture – GIE Perle de Tahiti - Ifremer

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