Le président de Robert Reimers Enterprises, Ramsey Reimers, indique que la ferme perlière de Jaluit a fermé il y a deux semaines pour des raisons financières. « Une société privée ne peut s'en sortir seule. Au cours des ans, nous avons dû injecter des fonds en provenance de nos autres activités, mais cela n'est plus tenable aujourd'hui. »

Un cadre de Marshall Island Marine Resources (MIRMA) regrette la fermeture des opérations de Robert Reimers Enterprises : « RRe est un des pionniers dans ce secteur, et c'est avec leur croissance que MIRMA a pu créer l'écloserie de Woja, afin de produire et fournir les perliculteurs en jeunes huîtres. »

MIRMA n'a pas été en mesure de produire des huîtres en quantité suffisante.

Au milieu des années 90, RRE a ouvert une ferme perlière sur l'atoll d'Arno. Ce n'est qu'à la fin des années 90 et au début des années 2000 que RRE est revenu sur son investissement, mais bien faible en comparaison des sommes investies.

RRE montrant que la perliculture était économiquement viable, d'autres se sont également lancés dans cette activité. La société privée Black Pearls of Micronesia a ainsi été en croissance pendant plusieurs années, et plusieurs institutions locales sont actuellement active grâce au support du College of the Marshall Islands. Black Pearls of Micronesia a cependant dû fermer ses portes il y a plusieurs années.

Même à l'époque de la meilleure récolte de RRE en 2003, avec deux récoltes à Arno et une autre à Jaluit, la société était déjà activement à la recherche d'investisseurs afin d'obtenir de l'aide pour la production d'huître.

RRE et Black Pearls of Micronesia ont rencotré les mêmes problèmes : un manque récurrent de naissains sauvages. « C'est le domaine dans lequel l'industrie avait besoin d'aide, une écloserie. » a enchéri Robert Reimers.« Nous ne pouvons récolter les huîtres sauvages qu'en quantité insuffisante. »

Black Pearls of Micronesia avait sa propre écloserie à Woja et fournissait également des huîtres à RRE. Mais la société a rencontré des problèmes financiers qui l'ont contrainte à fermer en 2002. A l'époque, le copropriétaire Bobby Muller avait indiqué que Black Pearls of Micronesia avait obtenu deux éclosions en l'espace de deux ans.

L'écloserie a été reprise par la Marshall Islands Marine Resources Authority à la fermeture de RRE, mais elle n'a pas été en mesure de fournir les huîtres. « L'industrie n'a toujours pas réellement créée. Elle a besoin de l'aide du gouvernement et de sa coopération, et nous espérions que MIRMA parviendrait à gérer l'écloserie pour permettre à l'industrie de se développer » indique Robert Reimers.

Les difficultés financières qu'ont recontrées RRE et Black Pearls of Micronesia soulignent le challenge que doivent relever les nouvelles perles fermières de la République des îles Marshall : la durée avant le retour sur investissement.

Après l'installation d'une ferme perlière sur l'atoll d'Arno au lieu des années 90, RRE a établi une nouvelle ferme perlière à Jaluit car c'est le seul atoll qui possède naturellement les huîtres perlières Pinctada margaritifera. « La collecte des huîtres sauvages prend plus de temps et coûte plus cher, et une écloserie est beaucoup trop chère pour une seule entreprise privée. »

« Nous sommes dans une voie sans issue, et tant qu'une écloserie n'est pas établie, il nous est impossible de reprendre les opérations. Nous avons attendu et rien n'a été fait. »

Au sommet de la production de perles noires aux îles Marshall, Robert Reimers Enterprises faisait des récoltes de 1000 à 5000 perles sur ses fermes d'Arno et Jaluit, ce qui correspond à des ventes fluctuant de 20000 à 40000 dollars. Ces valeurs sont faibles comparées aux standards de l'industrie, mais pour un pays qui manque d'une industrie locale, cette industrie encore à ses balbutiements a montré un réel potentiel.

« Cette industrie est idéale pour notre pays » indique Ramsey Reimers. « Nous avons juste besoin de plus d'attention et d'intérêt de la part des programmes d'aquaculture locaux. »

Le cas des îles Marshall est particulier en ce qui concerne l'écloserie et l'élevage d'huîtres perlières. « Les eaux de nos lagons ne permettent pas la reproduction naturelle des huîtres perlières. C'est la raison pour laquelle nous somme plus dépendants des écloseries qu'en Polynésie française ou aux îles Cook. »

Suzanne Chutaro, Marshall Islands Journal

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