Le rapport, livré hier à l'examen du public par la Cook Islands Investment Corporation (CIIC), prône la mise en valeur contrôlée de l'atoll au moyen de la perliculture, plutôt que l'absence d'action, et l'utilisation d'hydravions ou de bateaux comme moyens de communication.

Il y est recommandé que, dans la phase de lancement, on limite la construction des installations aux zones habitées de l'îlot d'Anchorage, au côté lagonaire des motus Tou et Manu, et à un seul kaoa du lagon.

Malgré tout, “une pollution minime interviendra au cours de la construction, sauf accident”, avertit le rapport.

C'est l'entreprise hawaïenne Black Pearls, Inc., qui a effectué l'évaluation d'impact sur l'environnement pour le compte du gouvernement des Îles Cook, par le truchement de la filiale de la Cook Islands Investment Corporation, la Suwarrow Development Corporation. La société hawaïenne Michael J. Wilder Company and Analytical Laboratories of Hawaii, Inc. y ont également contribué. Le projet de rapport sur l'étude d'impact n'est pas une “étude exhaustive de l'atoll de Suwarrow”, expliquent ses auteurs, mais il répond à la première phase de l'étude d'impact exigée par les pouvoirs publics. Il reste à réaliser la phase II, qui portera sur une étude approfondie (fondamentale) de la vie terrestre et marine de Suwarrow.

Selon le rapport, pendant le lancement de l'activité perlicole, une centaine de personnes seulement, travaillant à la ferme ou au parc national, seront autorisées à résider sur l'atoll. Les retombées économiques du développement de la perliculture seront importantes; une centaine de personnes seront employées directement dans ce secteur, et cent autres emplois auxiliaires pourront éventuellement être créés.S'agissant d'une propriété de la Couronne, les baux ou les redevances seront versés au gouvernement des Îles Cook, de même que les impôts sur les revenus et les bénéfices des entreprises et la taxe sur les biens et services (GTS). Parmi les autres recommandations et conclusions du rapport, notons celles-ci :

  • Le nombre de nacres cultivées ne devrait pas dépasser deux millions, dont 500 000 huîtres vierges greffées par an. (La récolte de nacres naturelles n'est pas possible, le faible nombre de juvéniles rendant l'emploi de collecteurs artificiels insuffisant pour répondre aux besoins de l'élevage).
  • La préférence est donnée à l'installation d'une seule ferme, de grandes dimensions (hypothèse sur laquelle repose l'évaluation d'impact). Toutefois, si des considérations d'ordre politique imposaient l'implantation de plusieurs petites fermes, il conviendrait de ne pas en autoriser plus de trois.
  • L'îlot d'Anchorage ayant déjà subi les effets de l'habitat humain, il devrait servir de base à la (ou aux) ferme(s) et à l'écloserie. De petites stations insulaires pourraient être bâties du côté lagon des motus Manu et Tou, sans perturber excessivement l'avifaune ou la végétation.
  • Il conviendrait de n'affecter qu'un seul kaoa (rocher corallien) par ferme comme base lagonaire pour le nettoyage et le greffage.
  • À aucun moment, la population maximale sur l'atoll ne devrait dépasser cent personnes à la fois.
  • Il faudrait établir un “plan de gestion du parc national” afin de promouvoir la protection du statut de parc national conféré à l'atoll, prévoyant des règles à respecter et des modalités de surveillance de l'application de ces règles.
  • Il faudrait prendre des mesures de précaution afin d'éviter la disparition du capital génétique de l'huître perlière de Suwarrow et de réduire au minimum les risques d'introduction fortuite d'agents pathogènes ou de parasites.
  • L'existence des tortues pourrait être compromise si la capture des adultes et la récolte des œufs étaient amenées à augmenter du fait de la présence humaine accrue. Le plan de gestion du parc national devrait prévoir un renforcement des mesures de protection des tortues.
  • Si aucune espèce d'oiseau n'est menacée, certaines comptent peu d'individus, et d'autres, vulnérables àl'habitat humain, peuvent souffrir d'une augmentation de la population.
  • Il faudrait également surveiller les effets sur le crabe du cocotier d'une présence humaine accrue et le personnel du parc devrait y remédier.

Le public peut consulter le projet de rapport d'évaluation d'impact à la bibliothèque des Îles Cook, à Takamoa, jusqu'au 5 mars 1999, et formuler des commentaires par écrit à l'attention de la Cook Islands Investment Corporation avant cette date.

Cook Island News

Vous souhaitez réagir ou commenter les articles du Pêcheur de Perles ? Ecrivez-nous en utilisant le formulaire de contact !