La BPOM cherche maintenant à conclure des accords de coentreprise avec des perliculteurs locaux. Dale Sarver, président de la BPOM, affirme que sa société a pour habitude de ne pas viser simplement à monter et à exploiter sa propre unité de production, mais de vouloir aussi montrer l'exemple à d'autres entreprises pour qu'elles participent à ce secteur qui, aux Îles Marshall, pourrait s'avérer lucratif. « Tout en élargissant notre propre ferme mère, remarque-t-il, nous voudrions amener des partenaires locaux à créer des stations « satellites » dans les lagons périphériques. Nous en sommes désormais au stade où nous voudrions déclencher cette expansion. Il s'agit d'une œuvre de longue haleine, et les candidats exploitants doivent savoir qu'il faut travailler durement, investir beaucoup et attendre longtemps avant de voir ses efforts payés en retour. »

L'entreprise envisage d'implanter une station perlicole « satellite » modèle dans le lagon de Majuro, en partenariat avec la « ferme mère », plus étendue. Celle-ci pourra ainsi mettre à disposition toute sa compétence technique et ses capacités de gestion et former les nouveaux employés sur le site existant. La BPOM pourrait offrir d'autres avantages aux petites fermes : achats groupés d'équipements, facilités pour faire venir des spécialistes de la greffe et commercialiser la récolte finale. L'écloserie de la BPOM fournirait du naissain (larves d'huîtres) à la ferme partenaire. Les coûts du naissain et les frais d'exploitation seraient partagés entre les partenaires. « La BPOM souhaite encourager les autochtones à participer à cette entreprise, par tous les moyens possibles »,affirme Dale Sarver.

L'écloserie de la société à Woja a vu sa capacité de production augmenter au cours des dix derniers mois, grâce au recrutement d'un directeur, employé à plein temps venu de Tasmanie. David Wise était auparavant directeur adjoint de la principale écloserie australienne. Celle-ci utilise, depuis l'an dernier, une station en conteneur, en attendant l'aménagement prochain d'une écloserie permanente. Quatre employés locaux travaillent actuellement à l'écloserie de Woja.

La BPOM a quitté la région de Dalap-Ulliga-Darritt pour transférer ses opérations à Birkirin, près d'Enamanet. « Ce nouveau site présente d'excellents échanges hydrologiques avec l'océan, tout le long de cette côte nord deMajuro », dit Dale Sarver. D'autres sites se prêtant à une éventuelle expansion sont en cours d'évaluation.

« L'an dernier, notre récolte a montré que de superbes perles pouvaient être produites dans ce lagon », dit-il. La forme et la taille des perles répondent aux attentes, mais leur principal attrait tient à leur couleur. « Une grande partie de la récolte se caractérise par une couleur dorée remarquable. L'intensité de cette couleur et le lustre de l'ensemble de la récolte sont bien supérieurs à tout ce que nous pouvions espérer ». Une partie des plus belles perles de la récolte a été vendue à une joaillerie réputée de la 5e Avenue à New York.

« Le gouvernement des Îles Marshall, au travers de la direction des ressources marines des Îles Marshall (MIMRA), a soutenu nos premiers efforts de recherche et de développement. Nous continuons à mettre en œuvre des projets de R&D, en partenariat avec la MIMRA, et espérons que cette collaboration se poursuivra. Il nous a fallu beaucoup de temps pour voir nos projets porter leurs fruits, et nous tenons à remercier les autorités pour l'aide inestimable qu'elles nous ont apportée au fil des ans », indique Dale Sarver. L'entreprise a également confectionné une plaquette, contenant une perle de la première récolte, et un coquillage produit en écloserie, qu'elle compte offrir au gouvernement des Îles Marshall en gage de reconnaissance. Le gouvernement des États-Unis d'Amérique a également prêté un concours sans réserve aux efforts de R&D déployés par l'entreprise aux Îles Marshall. Le soutien décisif, initialement apporté par l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (NOAA) et le Service national des pêches maritimes des États-Unis d'Amérique, au travers du programme Salston-Kennedy, a permis de mettre au point les premières techniques d'écloserie et de nourricerie, selon NeilSims, vice-président de la BPOM. L'aide permanente du Département de l'agriculture des États-Unis d'Amérique et du Programme de développement de l'aquaculture dans le Pacifique (PADP) — conduit au titre d'un régime d'octroi de bourses de recherche océanographique — a également permis d'intensifier les efforts de formation et de vulgarisation.

En promouvant la croissance de la perliculture aux Îles Marshall, la BPOM cherche à trouver parmi les Marshallais des candidats à une formation de greffeurs. La greffe de la perle demande une extrême habileté manuelle et beaucoup de patience. À l'heure actuelle, la plupart des techniciens de la greffe de la perle noire sont d'origine japonaise, australienne ou tahitienne. La BPOM emploie un technicien originaire des Îles Cook pour greffer ses huîtres dans sa propre ferme. « Lorsque l'industrie perlicole prendra de l'ampleur aux Îles Marshall, affirme Sims, il faudra faire appel à des greffeurs marshallais pour faire face à la demande croissante ».

Pour toute précision complémentaire, s'adresser à Dale Sarver ou Neil Sims, par l'intermédiaire du bureau de la BPOM à Majuro.

Paul MaddisonBlack Pearls of Micronesia
P. O. Box 1167
Majuro, MH 96960
République des Îles Marshall
Téléphone/télécopieur : (692) 625 2431

Bulletin de l'Huître Perlière

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