Nous irons même jusqu’à lui pardonner — bien que cela devienne plus difficile — d’oublier le cuivre, le nickel et le cobalt que recèlent les nodules présents dans nos fonds océaniques et qui se chiffrent à plusieurs milliards de dollars.

Ce qui est impardonnable, c’est que des économistes, qui passent pour des experts, négligent toujours la splendeur de nos lagons riches en huîtres, qui constituent probablement l’une des meilleures sources mondiales de perles de culture noires. La Polynésie française exporte d’ores et déjà pour plus de 50 millions USD de perles noires; quant à nous, nous approchons du dixième de ce chiffre.

Nos trois principaux lagons s’étendent sur près de 300 km² d’eaux pures, chaudes et étincelantes au soleil. De même que, jadis, on pensait que le pétrole était sans utilité jusqu’au jour où quelqu’un a inventé le moteur à combustion interne, de même le potentiel économique des lagons n’a pas été connu jusqu’à ce que la culture des huîtres perlières à lèvres noires soit perfectionnéeet mise en pratique par quelques pionniers audacieux.

La filière perlicole des Îles Cook diffère de celle de la Polynésie française en ce que, jusqu’à présent, la nôtre a consisté presque exclusivement en exploitations familiales, tandis que la perliculture polynésienne est le fait d’entreprises à capitaux en majorité étrangers.

Nous nous apprêtons à modifier cette situation en n’offrant les droits d’exploitation du lagon de Suwarrow qu’à trois entreprises perlicoles. Chacune devra débourser environ 4 millions de dollars É.-U. avant de vendre une perle mais, une fois que la production aura atteint son rythme de croisière, chacune engrangera deux fois plus et sera tout à fait rentable, merci ! Voici un exemple presque parfait de possibilité de coopération. En l’occurrence, les méthodes de production sont locales, les compétences techniques sont en grande partie japonaises et les marchés de plus en plus nord-américains et européens.

En réalité, mon gouvernement ne voit aucun obstacle à la création de plusieurs partenariats internationaux puissants en matière de perliculture. Nous espérons qu’une évaluation d’impact sur l’environnement sera achevée cette année — faite, soit dit en passant, par une équipe de chercheurs hawaiienne —, puis nous lancerons un appel d’offres public.

Ce faisant, le gouvernement ne cherchera pas à percevoir des acomptes importants mais plutôt à recevoir des propositions de plans de développement solides. La création d’emplois, l’achat de denrées sur place et naturellement, des recettes fiscales : tels sont nos objectifs. Nous ne les atteindrons qu’en sélectionnant des opérateurs aux finances saines, connaissant le métier, tout en les laissant libres de faire ce qu’ils font le mieux, mais dans les limites des directives qui ressortiront de l’évaluation d’impact sur l’environnement.

Sir Geoffrey Henry, Chevalier commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, Premier ministre des Îles Cook

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