Cette taxe de 200 francs sur chaque gramme de perles exportées et qui génère un milliard de francs de recettes. Elle s’inscrit dans un contexte économique plus que préoccupant pour le joyau de la Polynésie française qui voit chuter son prix au gramme et déserter ses fermes perlières. Et au plus haut niveau du pays, il semble qu’on ait opté pour la manière forte. Dans les tuyaux, se profile la suppression pure et simple du droit spécifique sur la perle à l’exportation. Gaston Tong Sang l’a annoncé et ce droit, qui n’est ni plus ni moins qu’une taxe à l’export sur les perles « brutes » et qui génère un milliard de francs par an en recette, a été jugé comme étant désormais un handicap, voire un paradoxe dans un contexte pareil.

Même si les recettes de cette taxe sont reversées à hauteur de 40 % au GIE perles de Tahiti et les 60 % restant au budget du pays, cette dernière était devenue au fil des années un obstacle décourageant, un outil obsolète, mais surtout « une demande des perliculteurs » selon la présidence.

Ccette taxe a été instaurée il y a treize ans, à une époque où le prix au gramme oscillait entre 3 000 et 4 000 francs, or aujourd’hui il ne dépasse pas les 1 400 francs. Autrement dit, si la taxe représentait en moyenne 5,71 % du prix au gramme, aujourd’hui ce pourcentage a plus que doublé, certaines perles ne valant parfois pas plus que ces 200 francs. « Cette suppression, a commenté le président polynésien, on va la proposer via un amendement au cours de cette session. »

La parole est à l’Assemblée

Cette suppression ne pourra intervenir par conséquent que si l’Assemblée veut bien donner son aval. La perte d’un milliard de francs sera donc le prix à payer pour tenter de relancer des exportations en berne. L’IEOM avait noté que les exportations de perles en 2007 avaient rapporté 3,5 % de moins qu’en 2006 alors que les volumes ont augmenté de 1,3 %.

Mais cette suppression ne revêt pourtant pas les habits de la solution miracle aux yeux de l’exécutif. Si le président du pays a « décidé de supprimer la taxe d’export pour la perle afin d’alléger les charges des perliculteurs », il leur a aussi dit « qu’il faut qu’ils s’organisent, qu’ils se regroupent ». C’est le point noir du secteur. Il est en partie responsable de l’effondrement du prix au gramme.

Les Nouvelles de Tahiti

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