Le refus du gouvernement était basé sur plusieurs points, notamment sur le danger que pourraient représenter les filets de la ferme perlicole pour les dauphins.

Le directeur de Port Stephens Pearls, Ian Burt, signale que la société a pris des mesures pour répondre à ces inquiétudes.

"Nous étudions tous les protocoles auxquels nous devons nous conformer, notamment le suivi des dauphins et des algues, et les divers aspects de la mise en place de la ferme perlicole."

"Je négocie avec plusieurs institutions comme l'université de Macquarie, afin que des experts des populations locales de dauphins nous aident à finaliser le projet."

greffe d'huître Akoya - Australie

Les techniciens greffeurs d'origine japonaise peuvent greffer jusqu'à 600 huîtres dans une journée. "c'est un processus très difficile à maîtriser", explique Grant Gunthorpe, employé de Port Stephens Pearls. "Au Japon, vous n'êtes considéré expert qu'après de nombreuses années d'expérience. Nous avons un technicien australien qui a deux années d'expérience de greffe et qui en est toujours au stade d'apprentissage, une longue expérience est nécessaire pour devenir compétent et qualifié."

Le Japon a développé l'art de la culture des perles un y a maintenant un siècle, mais les coût de production croissants et la pollution d'origine industrielle forcent l'industrie de la perle à se délocaliser.

A Port Stephens, sur la côte centre-Nord de Nouvelle-Galles du Sud, les investisseurs japonais ont trouvé les conditions idéales pour une industrie de plusieurs millions de dollars.

"On nous a suggéré de venir à Port Stephens en 1993, et la perliculture a d'abord commencé à un stade expérimental pour voir si les perles Akoya pouvaient être obtenues en Australie", indique Ian Burt.

"Port Stephens a été choisi car c'est le lieu où est établi le département de la pêche de Nouvelle-Galles du Sud (NSW Fisheries), et que l'endroit était propice à l'implantation d'une ferme perlicole, mais aussi parce que nous pouvions travailler avec les universités de Newcastle et de Macquarie, et bien sûr nous avons également eu recours au musée de Sydney pour effectuer des recherches sur la provenance des huîtres."

perles Akoya d'Australie

Les investisseurs japonais, en collaboration avec des partenaires australiens, cultivent des perles sur une ferme pilote de 12 hectares depuis 4 ans. Plus de 5 millions de dollars australiens ont été dépensés, et une extension définitive de la ferme à 30 hectares a été demandée.

Bien que l'huître Akoya soit endémique à cette région, les perles n'ont jamais été cultivées dans des eaux si tempérées et si au Sud. Comme toutes les huîtres, les Akoyas se nourrissent en filtrant les nutriments de l'eau de mer.

La ferme pilote contient actuellement 500.000 huîtres perlières et une des pros grandes difficultés a été d'obtenir une croissance constante et uniforme.

"Les huîtres ont tendance à s'entasser dans les cages rondes, ce qui fait que les huîtres positionnées à l'extérieur du tas se développent plus rapidement que les autres car elles ont plus facilement accès à la nourriture", explique Scott Cannon de Port Stephens Pearls. "Nous avons également testé une autre technique cette année qui consiste à retirer les huîtres des paniers ronds plus tôt dans leur croissance pour les placer dans des paniers plats où elles ont un meilleur accès à la nourriture. Nous nous sommes rendu compte que cette méthode est plutôt efficace".

Avec plus d'un million de visiteurs chaque année, Port Stephens est une des destinations touristiques principales de Nouvelle-Galles du Sud et une grande partie de ce succès est dû aux entreprises d'observation des dauphns et baleines.

Quelques-uns des opérateurs de bateaux de croisière mènent une campagne contre la ferme perlicole qui selon eux est un danger pour les dauphins.

"Port Stephens est le plus grand port d'observation de dauphins au monde," explique Frank Future du Port Stephens Dolphin Watch Association. "250.000 personnes montent à bord de nos bateaux chaque année pour observer les dauphins. Les dauphins sont la source d'une industrie touristique locale estimée à 20 millions de dollars australiens, et même de nombreuses autres activités touristiques s'inspirent d'une façon ou d'une autre de notre environnement naturel et toute activité qui a un impact sur cet environnement est un sujet d'inquiétude."

"On ne trouve nulle part dans le monde de ferme perlicole à moins de 30km d'une zone résidentielle, nous avons de réelles inquiétudes basées sur l'expérience que l'on a en Australie Occidentale où des fermes perlicoles sont implantées depuis de nombreuses années.

"nous avons remarqué, de même que des scientifiques, que les dauphins femelles et les jeunes évitent la zone, ce qui signifie qu'ils ressentent un danger, le risque de se prendre dans les filets ou autre."

La ferme perlicole assure qu'il n'y a jamais eu un seul mammifère marin pris dans leurs filets en 4 années d'activité.

"La société Port Stephens Pearls doit se conformer aux conditions définies par le Department of Planning, et certaines de ces conditions sont particulièrement contraignantes, et nous incitent à faire des contrôles et des mesures très régulières pour nous assurer qu'aucun problème de ce genre ne peut arriver", indique Phillip Lucas, le responsable Environnement de la société Port Stephens Pearls.

L'environnement marin de Port Stephens est très riche, et les huîtres perlières doivent être nettoyées régulièrement pour éviter que des organismes ne viennet empêcher leur bon développement. Les opérateurs de la ferme affirment que loin de polluer l'environnement marin, les huîtres filtrent les polluants de la baie. "Près de 80% de ce que nous enlevons lors de la phase de nettoyage des huîtres est constitué de sédiments qui proviennent de l'amont. Les huîtres elles-mêmes produisent environ 15% des sédiments, mais cela ne fait rien de plus que ce que la baie contenait il y a cent ans. Cette baie contenait autrefois de grands bancs d'huîtres Akoya sauvages."

Un projet plus ancien de développement de cinq fermes perlicoles a été approuvé par une commission d'état par le passé mais rejeté par Andrew Refshauge, le ministre chargé des projets de développement industriels à cause d'incertitudes sur l'impact qu'un tel projet aurait pu avoir sur l'environnement.

D'après la société Port Stephens Pearls, Andrew Refshauge souhaitait surtout éviter la controverse avant les élections en Nouvelle-Galles du Sud.

Le Département de la Pêche de Nouvelle-Galles du Sud (New South Wales Fisheries) supporte activement la ferme perlicole qui pourrait créer jusqu'à 50 emplois.

Ces dernières années, New South Wales Fisheries a également étroitement travaillé avec d'autres entreprises dans le domaine de l'aquaculture à Port Stephens, notamment pour des huîtres du Pacifique, des perches argentées d'Australie et des écrevisses.

abc.net.au

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