Dans cette spacieuse ferme perlicole sur la plage de Duong To, le responsable reçoit deux invités dans une véranda face à la mer où des centaines de cages à huîtres à 150m de la plage. En mer, on aperçoit un petit bateau où des travailleurs nettoient les huîtres. Toutes les quatre semaines, les cages sont sorties de l'eau pour permettre de nettoyer les coquilles des huîtres des bernacles et d'autres corps étrangers qui s'y développent. Cette étape est nécessaire pour s'assurer de la qualité des perles. La tâche est souvent difficile, en particulier quand les conditions de mer sont agitées. Il y avait dans le temps une joint-venture nippo-vietnamienne qui avait la même activité de culture des perles. La joint-venture a échoué à cause d'une crise économique au Japon qui a provoqué la fermeture de la maison-mère japonaise. Au-delà de cette raison, Kevin Farrel explique que l'entreprise avait subit un coup important quand les cages à huîtres ont été emportées par une tempête : les corps-morts utilisés pour amarrer les cages au fond n'étaient pas suffisamment lestés.

Ce n'est pas la première fois que Kevin Farrel travaille sur une ferme perlière au Vietnam. Quelques années auparavant, sa société a échoué dans l'implantation d'une ferme perlière à Nha Trang dans la province de Khanh Hoa. C'est seulement après deux ans d'études qu'il a réalisé l'intérêt de Phu Quoc pour cette activité : les huîtres perlières abondent dans la région, l'eau abonde de planction et le climat est favorable. Les premières perles obtenues après un an et demi de culture à la joint-venture de Phu Quoc Pearls sont égales en qualité à celles produites en Australie Occidentale, bien connue pour ses perles de culture. Il y a à Phu Quoc des quantités considérables d'huîtres perlières sauvages. Cat, un fournisseur local, fournit à la ferme perlière de Kevin Farrel jusqu'à 5.000 huîtres par an. Les mollusques sont pêchés dans les eaux avoisinant les petites îles de la région. Les huîtres sont vendues 5.000 Dongs (1.000 VND = 0,05 EUR). Cat porte un anneau avec une perle estimée à plus de 3 millions de Dongs (la monnaie du Vietnam). "C'est juste une perle naturelle", explique-t-il. "Une belle perle de culture vaut beaucoup plus que celle-ci..."

Parmi les perles de culture exposées dans l'exposition de Phu Quoc Pearls, il y a des perles parfaitement sphériques à 1.500 Euros, des perles en forme de poire à 350 Euros et d'autres en forme de goutte à 250 Euros. Les perles les plus recherchées sont parfaitement rondes. La valeur des perles varie également en fonction de leur couleur. Les couleurs les plus recherchées sont le blanc, le noir, les teintes roses et crème. Il est bien entendu tenu compte de la taille des perles également.

"En investissant dans la culture des perles au Vietnam, nous voulons contribuer à l'économie et les activités touristiques dans le pays", explique Kevin Farrel. "Nous croyons qu'un jour, les visiteurs se passeront le mot, de visiter Phu Quoc pour acheter des perles".

Il existe à Phu Quoc trois compagnies cultivant des huîtres perlières à l’essai : la Cie Phu-Quoc-Australia Pearls ; la Cie Apedi, la Cie Ogawa.

Quang Thai - The Saigon Times Weekly

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