Parmi les points marquants de l'exposé, le Ministre a souhaité rappeler la progression de 16% sur un an du prix au gramme de la perle de culture de Tahiti et le chiffre d'affaires global du secteur qui a atteint 14,6 milliards de F.CFP.

Les actions du Pays pour le secteur, à travers le Ministère de la mer et son Service de la perliculture ont concouru à professionaliser les différents acteurs et à augmenter les divers contrôles garantissant un produit de qualité, inclus dans le cadre d'une stratégie de développement durable.

Le bilan 2005

Les professionnels du secteur par type d’activité

Le secteur d’activité de la perliculture regroupe en fin 2005 :

  • 734 exploitations de production de perles de culture de Tahiti,
  • 364 exploitations de production d’huîtres perlières,
  • 38 négociants.

Les exploitations sont réparties en 3 types de taille : 80% d’entre elles sont de type familial, 17% de taille moyenne et 3% de taille importante.

La production

(perles brutes) Tonnage exporté Valeur globale Millions F.CFP Prix au gramme F.CFP/g
2004 8,5 10.500 1.290
2005 8,1 12 100 1 500
% ch -6% +15% +16%

Le chiffre d’affaires global issu de l’exportation de perles de Tahiti, des produits perliers (nacre, keshis et mabes) et des articles de bijouterie à base de perles (dont 378 millions de FCP d’export pour les entreprises franches) est de 14,6 Milliards.

La production est regroupée sur 30 îles pour environ 13 000 hectares exploités, principalement aux Tuamotu-Gambier.

La commercialisation, les rentrées fiscales

Les principaux importateurs de perles en 2005 sont :

Japon 45%
Hong Kong 40%

Les rentrées fiscales, par le DSPE (200F.CFP/g), ont généré 1,7 milliards de F.CFP Les perliculteurs sont les premiers exportateurs (51,9%) devant les négociants (40,1%).

Les actions d’accompagnement du Pays

Le contrôle qualité

Le Service a contrôlé 5,7 millions de perles en 2005, visuel et rayons X. 200 747 rebuts ont été écartés pour un équivalent poids de 3,5% du total.

g>La recherche

Le département recherche du Service de la Perliculture poursuit de nombreux programmes en vue de l’amélioration des procédés liés à l’industrie perlicole. Parmi ces programmes :

Ecloserie de Rangiroa

  • Programme d'amélioration des techniques d'écloserie,
  • Production d'huîtres perlière triploïdes et suivi de leur croissance,
  • Lutte contre l'anémone et traitement à l'ébouillantage,
  • Etude de discrimination des larves d'huîtres perlières.

Antenne Takapoto

  • Programme sur l'écologie larvaire de l'huître perlière,
  • Fourniture de géniteur pour le programme « conditionnement à terre ».

Papeete

  • Prise en charge du réseau de veille zoosanitaire,
  • Programme sur le déterminisme génétique des couleurs,
  • Programme de lutte contre la prédation.

Les opérations de régularisations des concessions maritimes

  • 507 dossiers de demande de régularisation ont été déposés,
  • 285 déclarations de conformité ont été établies

Au total, 792 perliculteurs ont entamé les démarches nécessaires à la régularisation de leur situation.

Le ministère souhaite rappeler la date limite du 31 mars 2006 pour la présentation des dossiers complets de régularisation.

  • 248 perliculteurs ont été formés en groupe au registre des stocks, 168 l'ont été individuellement

Les régularisations de cartes des professionnels

404 perliculteurs ont obtenu leur carte de producteur.
137 perliculteurs l’obtiendront après paiement des redevances domaniales.
106 nouvelles demandes ont été enregistrées depuis la réouverture des lagons.

La gestion des rebuts.

Les perles non commercialisables ou « rebuts » sont retirées du lot par le service pour être ultérieurement détruits. Tous les producteurs peuvent bénéficier d’une indemnité compensatrice à la destruction de leurs rebuts.
Depuis le 1er décembre 2005, cette indemnité qui était auparavant réservée aux contrôles effectués dans le cadre d’une exportation, est désormais étendue aux contrôles avant la commercialisation locale.
Son montant est calculé sur la base de cinquante francs pacifique (50 F CFP) par gramme de rebut, dans la limite de 500 g par hectare et par an pour une surface d’occupation dûment autorisée.

La formation

Les formations dispensées à Rangiroa par le Centre des Métiers de la Nacre et de la Perle ont permis à 6 stagiaires de suivre la spécialisation à la greffe et à 11 stagiaires de suivre la formation perliculture.

Aides à l’activité

Les aides accordées au secteur de la perliculture sont les suivantes :

  • Aide au carburant (363 bénéficiaires) : aide de 40 F.CFP/l sur l’essence et de 30 F.CFP/l sur le gasoil,
  • Indemnisation des rebuts (50F/g) au total, 4,4 millions indemnisés en 2005,
  • Agréments sur les entreprises franches : exonération sur les apprêts importés, les métaux précieux, les machines-outils et pas de DSPE pour les ouvrages exportés ; 4 entreprises franches en 2005 contre 2 l’année précédente.

Perspectives

Le Ministère de la mer souhaite accompagner l’activité de perliculture dans le cadre d’une politique de développement durable.
A ce titre les actions menées par le Service de la Perliculture seront poursuivies et enrichies afin d’améliorer le service fourni aux usagers ; le secteur sera professionnalisé et la commercialisation améliorée grâce à l‘émergence du Tahitian Pearl Center.

Les actions à venir du service de la perliculture

Le Service de la perliculture projette de se doter de nombreux nouveaux moyens, parmi lesquels :

  • L’achat d’une troisième machine à rayons X, d’un broyeur à rebuts, et d’une machine à détecter les nucléi en bénitier afin d’améliorer le contrôle qualité des perles,
  • La mise en place de nouvelles formations via le CMNP pour répondre à la demande des professionnels et des jeunes voulant s’orienter vers ces métiers,
  • La mise en application d’une réglementation relative au dispositif pour favoriser l’emploi en perliculture,
  • Etude d’opportunité sur l’obtention d’un label de qualité reconnu.

Le programme de "Professionnalisation et pérennisation de la perliculture en Polynésie française"

Le programme de "Professionnalisation et pérennisation de la perliculture en Polynésie française" est un projet financé par l’Union Européenne par le biais du 9ème FED (Fond Européen de Développement), pour un montant de 435 millions de F CFP. Les axes de travail du projet sont :

1. le renforcement du professionnalisme des perliculteurs

Une assistance technique aux producteurs dans les îles sera mise en place par quatre groupes de formateurs affectés par secteur d’îles voisines pour dispenser des formations pendant 3 semaines par île. Une équipe de plongeurs enseignera les techniques d’élevage et rappellera les bases de sécurité de la plongée professionnelle.

2. la réalisation d’études scientifiques pour estimer la tolérance maximale d’un lagon exploité en perliculture

3. une étude du marché international

Une étude du marché international à réaliser par un bureau d’étude à sélectionner sera engagée sur 5 mois pour analyser les circuits de distribution et de commercialisation et proposer une stratégie commerciale cohérente.

Le Tahitian Pearl Center

De nombreux professionnels et les observateurs de l’économie de la perle de culture de Tahiti ont dénoncé la désorganisation de la commercialisation du produit et souhaitent une forme de centralisation des ventes. En effet, les acteurs locaux du secteur rentrent directement en concurrence directe les uns avec les autres, tout en subissant les conditions imposées par le marché international.

Le regroupement des producteurs et négociants locaux dans une même démarche, par le biais d’une structure facilitatrice, permettrait une meilleure négociation au niveau des prix de vente, qui deviendraient moins sujets à spéculation.

Le projet du Tahitian Pearl Center vise à centraliser l’offre pour mieux maîtriser le cours de la perle. Ce projet fait l’unanimité au niveau des petits producteurs, qui y voient la solution pour améliorer la rentabilité de leurs exploitations.

Par ailleurs, les professionnels de la perliculture et les acheteurs étrangers ont souvent dénoncé la lourdeur des démarches administratives précédant l’exportation des perles de Tahiti, engendrant des délais incompressibles non négligeables entre l’achat et la sortie de la marchandise hors du Pays. La mise en place du Tahitian Pearl Center vise également à regrouper dans un même espace physique tous les services intervenant dans le processus d’exportation de nos produits, dans un objectif d’optimisation de ces délais.

Ministère de la Mer de Polynésie française, Bilan perliculture 2005 et perspectives 2006

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