Bonjour contrôles, adieu fraude.

La perle noire est dans l'oeil du cyclone. Désormais, elle est étudiée, pesée, contrôlée, recherchée et traquée dans la moindre valise où elle pourrait se cacher.

C'est aujourd'hui le jour J, celui qui marque l'entrée en vigueur de la délibération votée par l'Assemblée de Polynésie française, le 12 juillet dernier. Une délibération qui vise à empêcher des rebuts et des pièces de qualité médiocre d'envahir le marché international et de faire chuter les cours de la perle noire de Tahiti.

Ces exportations ont rapporté, en 2000, 21 milliards CFP. Un revenu non négligeable pour l'économie polynésienne.

Tous les producteurs et négociants devront soumettre leur marchandise, destinée à l'export, aux contrôles des agents du service de la Perliculture. Ces derniers vérifieront si le lustre, la taille, la forme et la quantité des perles en vrac, ou montées en colliers, correspondent à ce qui est inscrit dans le tableau de classification.

Colliers de 4 mètres

"Maintenant, nous traitons les colliers comme les perles nues. Avant, ils étaient considérés comme des bijoux et donc détaxés. Mais certains faisaient des colliers de quatre mètres pour échapper à la taxe. Nous avons donc revu ce point pour éviter toute fraude ", a expliqué Jean-Marie Colombani, le chef du service de la Perliculture.

Les agents vont également s'attacher à faire respecter "la marque collective de certification'" , c'est-à-dire la dénomination " perle de culture de Tahiti" qui correspond à des critères très précis, fixés par la délibération du 12 juillet.

"Pour l'instant nous n'avons pas encore de label car nous n'avons pas trouvé de nom moins générique qui permettrait de la différencier. Une fois trouvé, nous le déposerons à l'INPI (Institut national de la propriété industrielle). Ensuite, tout ce qui sera vendu sous ce label sans en avoir reçu la certification sera considéré comme contrefaçon", a ajouté Jean-Marie Colombani.

Contrôle douanier systématique

Hier déjà, les agents du service de la Perliculture se sont mis au travail. Ils ont contrôlé 45 colliers et quelques perles nues en partance pour l'Allemagne. Une fois l'examen terminé, les pièces ont été placées, accompagnées de leur certificat de conformité, dans des sacoches extrêmement solides, et étanches, sur lesquelles ont été apposés des scellés.

"Ces sacs sont, pour l'instant, gracieusement offerts par le service. Il faut aussi en passer par là pour garantir la qualité des perles", a souligné le directeur du service.

Seuls, les douaniers seront habilités à briser les scellés pour contrôler le contenu des Pochettes.

À l'aéroport aussi les choses changent. Les contrôles vont s'intensifier. Les douanes bénéficient à présent d'appareils à rayon X et de six vacataires pour les faire fonctionner.

"À notre mission d'Etat, le contrôle de sûreté pour assurer la sécurité du trafic aérien, vient s'ajouter, aujourd'hui, une mission territoriale de contrôle systématique des bagages en soute pour détecter le trafic de perles. La configuration de 1'aéroport de Tahiti Faa'a a été modifiée pour mieux nous permettre d'effectuer ce travail.

À terme, nous espérons pouvoir également faire un contrôle systématique de sûreté.

Le matériel et le personne sont financés par l'État. Maintenant que l'on nous a fourni les moyens, à nous de le mettre en place correctemnte pour ne pas gêner la fluidité de 'opérations", a conclu Jean-Louis Moret, directeur régional des Douanes.

Augmentation des taxes

La réglementation en matière de contrôle de perles n'est pas la seule à subir des modifications à partir d'aujourd'hui.

Le montant des taxes à l'exportation, toujours en matière de perles, passe de 160 CFP le gramme à 200 CFP le gramme.

Service du Commerce Extérieur de Polynésie française

Vous souhaitez réagir ou commenter les articles du Pêcheur de Perles ? Ecrivez-nous en utilisant le formulaire de contact !