Quand on l’interroge sur les difficultés (notamment la baisse du cours sur le marché mondial) rencontrées par la perle noire de Tahiti depuis quelques années. Franck Tehaamatai est bien forcé de reconnaître : « Il n’y a pas de guerre des producteurs mais un manque de concertation. Il n’y a pas de crise mais un manque d’intelligence de notre part ! »

Pourtant, à l’approche d’une nouvelle vente aux enchères internationale, les 9 et 10 juin prochains au Sheraton Hotel Tahiti, le patron du GIE Tahiti Pearl Producers garde « bon espoir » que les résultats financiers répondent aux attentes des professionnels.

Deux jours durant, les deux groupements associés – une fois n’est pas coutume – à des indépendants, tenteront d’écouler 179 lots totalisant 140 439 perles.

Pour la totalité du stock en présence, le prix plancher atteint plus de 460 millions CFP. Mais les spécialistes accordent beaucoup plus d’importance à l’évolution du prix moyen au gramme. Si le GIE Tahiti Pearl Producers part sur la base de 2 369 CFP/g contre 1 353 CFP chez Poe Rava, « il nous faut à tout prix passer la barre des 3000 CFP », précise notre interlocuteur conscient qu’un « tel challenge n’est pas évident ». Et de préciser plus tard : « Tout dépendra du nombre de perles disponibles, au même moment, sur le marché local ». Allusion faite à la vente parallèle organisée en toute l’égalité deux jours plus tôt… Comme en février, d’ailleurs, où plus de 300 000 pièces avaient ainsi changé de main.

Baisse de la production

Dans ce contexte, les négociants ne peuvent que se frotter les mains. Cette fois-ci, quarante sociétés étrangères dont une majorité d’origine japonaise, et une trentaine de locales, prendront part aux soumissions. Longtemps dominées par les acheteurs nippons, les ventes aux enchères en Polynésie ont vu progressivement s’opérer un rééquilibrage entre le Pays du soleil levant et d’autres nations asiatiques tout aussi prometteuses comme la Chine, et notamment Hong Kong qui représente cette année, environ un tiers du marché. En revanche, l’intérêt manifesté par les Européens reste limité pour ne pas dire insignifiant, puisque seulement deux sociétés métropolitaines et une allemande feront le déplacement le week-end prochain.

Enfin, alors que la production de perles noires est à la baisse, le gouvernement du Territoire a pris deux mesures, en début d’année, visant à remettre un peu d’ordre dans la maison. Même si F. Tehaamatai rappelle que « ce n’est pas l’arbitre qui fait gagner le match », il accueille avec satisfaction ce renforcement de la réglementation.

La première mesure concerne la venue de greffeurs étrangers dont 80 % aujourd’hui sont de nationalité chinoise. Désormais, avant de faire appel à l’un d’entre eux, il faut posséder une ferme ainsi qu’une concession maritime et justifier l’emploi d’au moins cinq polynésiens. But recherché : « Restreindre la production sauvage ».

En revanche, il ne faut pas espérer une quelconque protection de l’emploi local. « Ce n’est pas un métier pour les polynésiens car il requiert une trop grande persévérance », constate F. Tehaamatai. La seconde mesure tend à favoriser une meilleure qualité de la perle à l’export. « Toutes les perles, mises en vente le week-end prochain, ont été contrôlées et jugées aptes à l’exportation », précise notre interlocuteur. Un dispositif qui devait être renforcé au niveau des douanes, d’ici le mois de juillet.

Service du Commerce Extérieur de Polynésie française

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