Depuis 1994, une partie des professionnels du secteur (GIE Poe Rava Nui, SPPP) organisent à Papeete des ventes aux enchères chaque année. Ils sont aussi présents dans beaucoup de foires et salons internationaux. Le 9 juin 1998, deux textes réglementaires visant à réguler les circuits commerciaux au sein de cette filière ont été adoptés. Ils portent respectivement sur le négoce (il faut désormais une carte professionnelle pour se livrer officiellement au commerce de la perle) et sur une classification officielle de la perle : il n’y aura plus d’exportations de perles en vrac, ni de rebuts, mais des perles triées selon des critères de forme, de qualité, de couleur et de diamètre.

L’année 1998 représente une année record pour ce secteur dominant puisqu’il atteint 15 milliards F CFP ; en 1997 les exportations de perles et dérivés atteignaient 14,8 milliards F CFP ce qui représente une légère hausse de 1,60%. En 1996, les exportations de perles et dérivés atteignaient 14,4 milliards. Malgré des résultats jusqu’alors jamais atteints, on peut cependant parler d’un bilan ambivalent en ce qui concerne ce secteur « phare » de nos exportations.

En effet, les exportations de perles polynésiennes ont augmenté en quantité, passant de 4 788 kg en 1997 à 8 954 kg en 1998, soit +87,01%. En revanche, le prix moyen du gramme a chuté, passant de 3 201,71 F CFP/g en 1997 à 1681,55 F CFP/g en 1998, soit une baisse de -47,50%. Cette baisse significative du prix moyen est initialement dûe à la crise financière asiatique (forte dépréciation des monnaies asiatiques de 30%) et aussi à l’engouement sur des lots de faible valeur.

Ce résultat positif dans l’ensemble s’explique par plusieurs facteurs :

  • Les inondations en Chine ont provoqué des destructions de fermes perlières qui ont entraîné la mortalité massive des perles blanches Akoya, cette disparition de perles sur l’important créneau des petites perles de 6 à 9 mm a profité au marché des perles de Tahiti qui s’est alors imposé en marché de substitution.
  • La nouvelle réglementation qui interdit depuis le 1er janvier 1999 l’exportation de toute perle qui ne répond pas aux critères officiels de classement a été anticipée. Les producteurs et les acheteurs ont fait affaire avant la fin de l’année et de nombreux lots peu coûteux ont été achetés, expliquant la très forte hausse de volume constatée.
  • Le Japon s’est de nouveau imposé en acheteur massif des perles de culture de Tahiti. - Le marché des pierres de couleur (rubis, émeraudes, saphirs...) qui a traversé une crise en 1998 a également profité au marché perlicole.
  • Enfin, certains exportateurs expliquent leur succès par leur relationnel, leur sérieux et leur innovation en matière d’exportations de perles de Tahiti et de dérivés.

perles de Polynésie françaiseEn ce qui concerne le palmarès des pays acheteurs, le trio Japon, Etats-Unis, Hong Kong se détache une fois de plus, confirmant leur place de leader. La part du Japon est passée de 57,60% en 1997 à 64,86% en 1998 (+14,40%). Malgré leur place de deuxième pays importateur, les Etats-Unis ont vu leur part chuter de 17,60 % en 1997 à 14,12% en 1998, ce qui représente -18,46% . Les Japonais ont su réexporter surtout vers les Etats-Unis, ce qui explique partiellement le recul des exportations directes vers ce pays. La part de Hong Kong a augmenté de 5,85% en 1997 à 10,20% en 1998 (+77,08%). Hong Kong réexporte de plus en plus vers les Etats-Unis et l’Europe. On note l’avancée de la Suisse, plaque tournante du négoce international de la perle en Europe, qui passe du septième rang en 1997 au quatrième rang en 1998. La place de la France est à mettre en valeur puisqu’elle se hisse du onzième au cinquième rang. Le marché français semble enfin faire preuve de réceptivité à l’égard de la perle. Ceci est confirmé par l’explosion récente des ventes des bijoutiers français depuis longtemps implantés sur le marché.

La multiplication des efforts promotionnels du G.I.E. «Perles de Tahiti » par la fréquence des opérations de relations publiques, de communication, de participation aux salons spécialisés et les efforts de quelques négociants sont aussi à l’origine de cet accroissement significatif des ventes. On remarque la baisse des achats de certains pays comme Singapour avec -84,09%, l’Australie avec -39,72% ou l’Allemagne avec une baisse de -10,45% par rapport à 1997, ce dernier pays importe également des perles du Japon.

Enfin, la disparition des Philippines, cinquième pays acheteur en 1997 est à souligner. Celle-ci est liée au retrait d’une société de négoce de ce pays. La crise financière asiatique a eu certes de sérieuses répercussions sur le marché de la perle et de ses dérivés (baisse des prix, surproduction (trop de produits par rapport à la demande), évanouissement de certains marchés) mais n’a pas été aussi radicale que les experts l’auraient pensé. Cependant, il convient de noter que les répercussions limitées ont eu lieu dans un deuxième temps : les achats des pays étrangers sont négociés 4 à 5 mois avant l’exportation effective, ce qui explique un différé de la crise sur les exportations de perles.

Même si les perles de qualité A et B se sont plutôt bien vendues, la tendance a été en 1998 à la baisse générale des cours des perles de bas de gamme (qualité C, rondes, semi rondes et drop). En définitive, en raison des facteurs énoncés ci-dessus, l’année 1998 a été atypique par rapport aux données habituelles. En effet, on a assisté à un certain repositionnement des perles prisées sur le marché cette année vers les perles de bas de gamme ce qui a impliqué une baisse de leur valeur et a entraîné une baisse du prix moyen. Ce résultat revu à la baisse pourrait n’être que conjoncturel et les professionnels prévoient une stabilisation du prix moyen autour de 2500 F CFP le gramme. Cependant, il est certain que ce niveau de prix obligera les producteurs à poursuivre leurs efforts de réduction des coûts de production.

En ce qui concerne la stratégie de commercialisation, le GIE Perles de Tahiti s’est lié depuis le début de l’année 1998 avec la plus grosse organisation de bijoutiers américains. Des séminaires de vente s’organisent régulièrement pour consolider la perle sur le nouveau continent. De plus, une stratégie d’acte d’achat est mise en place pour former les vendeurs américains à l’histoire de la perle de Tahiti . Il est aussi envisagé de se positionner sur des marchés déjà occupés par d’autres produits de bijouterie destinés à la classe moyenne. Par ailleurs, la diversification géographique des marchés notamment vers l’Amérique du Sud sera poursuivie.

Classement des perles et dérivés par destination

DESTINATIONS 1998 PART/ 1997 PART/ VARIATIONS 98/97   1996
F CFP TOTAL F CFP TOTAL F CFP % F CFP
JAPON 9 765 232 459 64,86% 8 536 044 180 57,60% 1 229 188 279 14,40% 10 182 717 310
ÉTATS-UNIS 2 126 543 460 14,12% 2 608 040 085 17,60% -481 496 625 -18,46% 1 472 415 874
HONG KONG 1 535 945 470 10,20% 867 350 727 5,85% 668 594 743 77,08% 1 218 339 667
SUISSE 466 375 770 3,10% 291 595 730 1,97% 174 780 040 59,94% 80 428 970
FRANCE 315 164 906 2,09% 153 570 110 1,04% 161 594 796 105,23% 88 969 027
AUSTRALIE 233 478 350 1,55% 387 291 630 2,61% -153 813 280 -39,72% 266 548 970
ALLEMAGNE 195 097 744 1,30% 217 859 300 1,47% -22 761 556 -10,45% 68 020 260
SINGAPOUR 106 528 420 0,71% 669 417 980 4,52% -562 889 560 -84,09% 507 416 510
Nlle CALEDONIE 60 812 210 0,40% 34 960 710 0,24% 25 851 500 73,94% 19 239 610
CANADA 47 518 050 0,32% 27 878 780 0,19% 19 639 270 70,45% 13 804 660
AUTRICHE 45 467 480 0,30% 260 000 0,00% 45 207 480 17387,49% 395 400
Nlle ZELANDE 34 398 330 0,23% 75 877 425 0,51% -41 479 095 -54,67% 31 225 900
ITALIE 30 533 210 0,20% 26 202 180 0,18% 4 331 030 16,53% 7 378 910
COREE du SUD 30 393 870 0,20% 196 497 130 1,33% -166 103 260 -84,53% 171 576 720
TAIWAN 24 108 560 0,16% 54 795 220 0,37% -30 686 660 -56,00% 26 532 590
THAILANDE 16 158 740 0,11% 60 931 260 0,41% -44 772 520 -73,48% 38 504 280
BEL & LUX 5 866 500 0,04% 6 695 750 0,05% -829 250 -12,38%
ESPAGNE 3 620 000 0,02% 6 522 300 0,04% -2 902 300 -44,50%
EMIRAT AU 3 147 310 0,02% 1 394 000 0,01% 1 753 310 125,78%
République Tchèq 2 996 540 0,02% 2 510 640 0,02% 485 900 19,35% 898 460
MARTINIQUE 2 171 670 0,01% 38 000 0,00% 2 133 670 5614,92%
PAYS BAS 1 454 540 0,01% Nlle Dest
CHINE 1 200 000 0,01% Nlle Dest
Iles COOK 805 020 0,01% 82 000 0,00% 723 020 881,73% 636 000
PAYS NDA 410 000 0,00% 410 000
MEXIQUE 395 640 0,00% Nlle Dest
ISRAEL 385 870 0,00% 179 090 0,00% 206 780 115,46%
MAURICE 368 950 0,00% Nlle Dest
CHILI 109 035 0,00% 70 700 0,00% 38 335 54,22% 120 400
PHILIPPINES 542 593 790 3,66% -542 593 790 -100,00% 264 526 250
OCEANIE AMERI 18 810 000 0,13% -18 810 000 -100,00% 14 084 880
GRENADE 13 652 000 0,09% -13 652 000 -100,00%
INDONESIE 6 570 000 0,04% -6 570 000 -100,00%
OMAN 1 875 420 0,01% -1 875 420 -100,00%
FINLANDE 533 810 0,00% -533 810 -100,00% 51 870
MALAISIE 496 962
ARUBA 3 607 010
FIDJI 5 743 000 0,04% -5 743 000 -100,00% 5 868 360
GUADELOUPE 4 169 059 0,03% -4 169 059 -100,00% 560 000
W & FUTUNA 263 700 0,00% -263 700 -100,00%
ANTIL NEERL 523 380
TOTAL 15 056 688 104 100,00% 14 820 275 706 100,00% 232 993 268 1,57% 14 484 364 850

Service du Commerce Extérieur de Polynésie française

Vous souhaitez réagir ou commenter les articles du Pêcheur de Perles ? Ecrivez-nous en utilisant le formulaire de contact !