Adoption de textes réglementaires

Le 9 juin 1998, deux textes réglementaires visant à réguler les circuits commerciaux au sein de cette filière ont été adoptés. Ils portent respectivement sur le négoce : d’une part, il faut désormais, être en possession d’une carte professionnelle pour se livrer officiellement au commerce de la perle. D’autre part, sur la base d’une classification officielle de la perle, il n’y aura plus d’exportations de perles en vrac, ni de rebuts, mais des perles triées selon des critères de forme, de qualité, de couleur et de diamètre.

Pour échapper à cette nouvelle réglementation, (notamment en ce qui concerne l’obligation de classification des perles et l’interdiction d’exporter des rebuts) et éviter la taxe à l’exportation qui frappe les perles brutes à hauteur de 160 F C.F.P. par gramme, certains acheteurs et négociants ont, vers la fin de l’année 1998 et le premier semestre 1999, enfilé ou monté les perles destinées à l’exportation, afin de les déclarer sous la codification « d’ouvrages en perles fines » ou de « bijoux ». Ce détournement de la réglementation a joué un rôle dans l’augmentation des exportations des ouvrages en perles fines ou de culture, et, dans une moindre mesure, de la bijouterie en 1998 (219 millions F C.F.P.).

Pour faire face à ce mouvement, qui joue en défaveur de l’image de la perle noire de Tahiti, la délibération n°93-168 AT du 30 décembre 1993 a été modifiée par la délibération n°99-112 APF du 8 juillet 1999, portant sur la fiscalité perlière à l’exportation. Il a été créé « aux codifications [71.01.10.00,...] et 71.16.10.00 (codification douanière des ouvrages en perles fines ou de culture) du tarif des douanes de la Polynésie Française, un droit spécifique spécial sur les produits exportés de la perliculture, originaires du territoire » . Depuis cette date, les ouvrages en perles (fines ou de culture) sont ainsi assujettis au Droit Spécifique sur les Perles Exportées (DSPE), dont le taux est fixé à « 160 F C.F.P. le gramme net de produits de la perliculture exportés du territoire en simple sortie » .

Evolution des exportations de perles en 1999

L’année 1999 représente une nouvelle année record pour notre principale exportation, puisque la valeur exportée approche les 19 milliards F C.F.P., soit une hausse sensible par rapport à 1998, année pendant laquelle la valeur des exportations de perles et dérivés atteignait 15 milliards F C.F.P. En 1997, les exportations en valeur étaient de 14,8 milliards F C.F.P. et de 14,4 milliards F C.F.P. en 1996. Depuis 1995 et notamment depuis la crise asiatique, nos exportations affichaient une évolution moyenne d’environ 2% par an. En 1999, elles enregistrent un record de progression de 25% par rapport à l’année précédente.

En 1999, dans les exportations de perles (toutes catégories confondues), la part relative des perles brutes a diminué de cinq points par rapport à 1998. Ce mouvement s’est produit en faveur des ouvrages en perles (fines ou de culture) dont la part relative passe à 8,15%. Bien qu’elle soit minime par rapport au total, la part relative des perles travaillées a également augmenté par rapport à 1998, alors que celle du mabe a sensiblement baissé.

Par rapport à 1998, les exportations de perles travaillées, de biwas et d’ouvrages en perles (fines ou de culture) ont fortement augmenté en 1999. En effet, ces produits affichent respectivement des hausses de +556%, +456% et +233 %, sur la base, il est vrai, de faibles valeurs.

Le mabe enregistre quant à lui une baisse sensible en valeur, d’un peu plus de huit millions de francs pacifiques. On remarque également qu’aucune exportation de perles brutes teintées n’a été effectuée en 1999.

Ce résultat positif dans l’ensemble s’explique par plusieurs facteurs :

  • La multiplication des efforts promotionnels du GIE «Perles de Tahiti » par la fréquence des opérations de relations publiques, de communication, de participation aux salons spécialisés.
  • Le Japon s’est de nouveau imposé en acheteur massif des perles de culture de Tahiti.
  • Les différentes ventes aux enchères organisées sur le Territoire.
  • La réglementation de 1998 a permis d’accentuer l’image de la perle noire en interdisant l’exportation des rebuts, en exigeant une classification de toutes perles destinées à l’export et en professionnalisant la profession de négociant (effective cette année).
  • Le marché des pierres de couleur (rubis, émeraudes, saphirs...) qui a traversé une crise en 1998 a également profité au marché perlicole.
  • Enfin, certains exportateurs expliquent leur succès par leur relationnel, leur sérieux et leur innovation en matière d’exportations de perles de Tahiti et de ses dérivés.

Les pays acheteurs

On dénombre 35 pays acheteurs en 1999, contre 30 en 1998. On note l’apparition de huit nouveaux pays destinataires qui sont : le Royaume Uni (située à la 20ème place), la Guadeloupe (située à la 21ème place), la Russie (à la 24ème place), la Guyane Française (à la 25ème place), l’Océanie néo-zélandaise (à la 26ème place), le Brésil (à la 29ème place), les Samoa (à la 30ème place), l’Ile de la Réunion (à la 31ème place) et le Montserrat (qui se situe à l’avant dernière place du classement).

En ce qui concerne le palmarès des pays acheteurs, le tiercé Japon, Hong Kong, Etats-Unis, se détache une fois de plus.

La part relative du Japon dans nos ventes de perles, est passée de 64,86% en 1998 à 59,66% en 1999. Malgré une conjoncture économique globale particulièrement morose, le Japon affiche une progression de ses achats en perles et dérivés de +5,88%, puisqu’il a acheté pour plus de 10.339.186.392 F C.F.P. en 1999 (par rapport à 9.765.232.459 F C.F.P. en 1998). En effet, le marché japonais est un marché encore très focalisé sur la perle en général, produit traditionnel qui est partie intégrante de la culture japonaise : les achats japonais de perles et dérivés originaires de nos îles représentent plus de 9/10è de l’ensemble de leurs achats de produits polynésiens.

Hong Kong enregistre en 1999, une progression de +99,70% de ses importations en perles. En 1997, la part relative de Hong Kong représentait 5,87% du total des achats de perles et dérivés. La fonction de ce pays comme second centre de négoce (après le Japon) et de réexportation de perles, confortée par la vente aux enchères réalisée sur place par notre principal exportateur de perles, est donc confirmée. Près de 9/10è de nos ventes à ce pays sont des ventes de perles ; si l’on comptabilise les nacres comme produits dérivés de la perle, nous approchons les 100 %.

Malgré leur place de troisième pays importateur de perles et dérivés, les Etats-Unis ont vu leur part relative dans nos ventes de perles chuter de 14,12% en 1998 à 8,21% en 1999. Les Etats-Unis ont importé 2.126.543.460 F C.F.P. en 1998, contre 1.423.179.764 F C.F.P. en 1999, soit une chute de -33,08%. En 1997, la part des Etats-Unis représentait 17,60 %. Le Japon et Hong Kong ont su réexporter les perles et dérivés surtout vers les Etats-Unis, ce qui explique partiellement le recul des exportations directes vers ce pays.

La Suisse, qui est devenue depuis quelques années une plaque tournante du négoce international de la perle en Europe, conserve sa place au quatrième rang et enregistre une progression de ses achats de l’ordre de 49.631.680 F C.F.P.

La France, qui s’était hissée du onzième au cinquième rang en 1998, conserve sa place (de cinquième importateur) en 1999. Le marché français semble, enfin, faire preuve de réceptivité à l’égard de la perle. Ceci est confirmé par l’explosion récente des ventes des bijoutiers français depuis longtemps implantés sur le marché.

En ce qui concerne la baisse des achats, on remarque celle de Singapour avec -53,50%. En 1997, ce pays affichait déjà une baisse de -84,09%. La Corée du Sud, (qui affichait une baisse de -65,34% en 1998 par rapport à 1997) révèle une chute de -65,34% de ses achats en 1999 et perd quatre places pour se situer au 18ème rang du classement.

La plus forte baisse en pourcentage est néanmoins attribuée à la République Tchèque qui passe de 2.996.540 F C.F.P. d’achats en 1998 à 315.944 F C.F.P. en 1999 (-89,46%).

En ce qui concerne les marchés non confirmés pour les exportations de perles, la Finlande, l’île de Grenade, l’Indonésie, le Sultanat d’Oman et les Philippines, étaient les nouveaux marchés destinataires en 1997, et ne se sont confirmés ni en 1998, ni en 1999.

Remarques

Malgré la crise économique asiatique de 1998, qui a, à nouveau fragilisé les marchés japonais, coréen, chinois, thaïlandais, philippins et taiwanais, la perle de Tahiti pu bénéficier d’un facteur favorable. En effet, elle s’est partiellement substituée à la perle Akoya, perle dont la production recule très fortement au Japon. Cette crise a eu, certes, de sérieuses répercussions sur le marché de la perle et de ses dérivés (baisse des prix, surproduction (trop de produits par rapport à la demande), évanouissement de certains marchés, mais elle n’a pas été aussi radicale que les experts l’auraient pensé.

Le recul de la part relative les Etats-Unis dans nos ventes de perles est essentiellement dû à la réduction d’un tiers de nos ventes directes de perles en 1999 par rapport à 1998 (de 2,1 milliards de F C.F.P. à 1,4 milliard de F C.F.P., soit -33 %). Dans un marché mondial de la perle de Tahiti en croissance, la part relative de ce pays dans nos ventes à l’extérieur régresse logiquement de 16,5 % à 9,7 %. Cette évolution pourrait paraître décevante. Elle doit être relativisée par le fait qu’un volume important de perles exportées au Japon et à Hong Kong sont travaillées et réexportées aux Etats Unis à partir de ces pays. Mais nous ne disposons pas des statistiques d’exportations de perles ou d’ouvrages en perles du Japon et de Hong Kong vers les Etats Unis nous permettant de mesurer précisément ce mouvement et son évolution dans le temps.

En ce qui concerne la stratégie de commercialisation, le GIE Perles de Tahiti s’est lié depuis le début de l’année 1998 avec la plus grosse organisation de bijoutiers américains. Des séminaires de vente s’organisent régulièrement pour consolider le marché de la perle sur le nouveau continent. Pour ce faire , une stratégie d’acte d’achat est mise en place pour former les vendeurs américains à l’histoire de la perle de Tahiti . Il est aussi envisagé de se positionner sur des marchés déjà occupés par d’autres produits de bijouterie destinés à la classe moyenne. Par ailleurs, la diversification géographique des marchés, notamment vers l’Amérique du Sud, sera poursuivie. De plus, le GIE Perles de Tahiti a souhaité en 1999, renforce le crédit de la perle comme produit de qualité, grâce à l’établissement d’une classification et d’une dénomination officielle de la perle de culture de Tahiti, associé à l’accréditation officielle des négociants locaux. En 1999, la Polynésie Française représente ainsi, environ 28% du marché (en valeur) des perles brutes échangées dans le monde : elle est aussi devenue le premier producteur mondial de perles de culture. L’analyse des volumes et valeurs exportés confirme une orientation des exportations de perles vers plus de qualité. En effet, en 1999, 9% du total des perles exportées étaient de qualité A ; 30,2% du total des perles exportées étaient de qualité B ; 41,7% du total des perles exportées étaient de qualité C et 17,1% du total des perles exportées étaient de qualité D.

Cependant, la valeur moyenne au gramme des perles de culture brutes s’est encore effritée en 1999 (2072 F C.F.P./gramme) par rapport à 1998 (2383 F C.F.P./gramme) et 1997 (3021 F C.F.P.). Sur la décennie, il y a eu une tendance constante à la baisse de la valeur moyenne au gramme de la perle de Tahiti (5599 F C.F.P./gramme en 1991). Globalement, pendant que les quantités exportées décuplaient, le prix moyen du gramme de perle a été divisé par plus de deux.

Sur l’ensemble de l’année 1999, le dernier trimestre de cette année (octobre, novembre et décembre) a été le plus fructueux en ce qui concerne les exportations de perles de Tahiti. En effet, les mois d’octobre et de décembre ont été les meilleurs mois de toute l’année 1999. Les exportations de perles ont, pendant ces deux mois, dépassé la barre des 700.000.000 F C.F.P. Le bon déroulement de la 22ème Vente aux enchères du GIE Poe Rava Nui, organisée en octobre 1999, et qui a enregistré près de 963,6 millions F C.F.P. en ventes de perles (pour 176 lots vendus), est venue conforter ces bons résultats.

A contrario, nous remarquons que le volume des exportations de perles effectuées pendant le premier trimestre de l’année 1999, a été relativement faible. Sur les quatre mois « creux » répertoriés en 1999, le premier trimestre en comptabilise deux : les mois de janvier et février 1999, qui ont, en effet, enregistré des exportations dont la valeur se situait en dessous de 200.000.000 F C.F.P. Les mois de mai et septembre 1999 ont été les deux autres mois creux.

Classement des perles et dérivés par destination

DESTINATIONS 1999 PART/ 1998 PART/ VARIATIONS 99/98   1997
F CFP TOTAL F CFP TOTAL F CFP % F CFP
JAPON 10 339 186 392 59,666% 9 765 232 459 64,856% 573 953 933 5,88% 8 536 044 180
HONG KONG 3 067 358 983 17,701% 1 535 945 470 10,201% 1 531 413 513 99,70% 867 350 727
ÉTATS-UNIS 1 423 179 764 8,213% 2 126 543 460 14,124% -703 363 696 -33,08% 2 608 040 085
SUISSE 516 007 450 2,978% 466 375 770 3,097% 49 631 680 10,64% 291 595 730
FRANCE 466 180 023 2,690% 315 164 906 2,093% 151 015 117 47,92% 153 570 110
AUTRES PAYS 429 021 033 2,476% 0 0,000% 429 021 033 0
ALLEMAGNE 303 252 926 1,750% 195 097 744 1,296% 108 155 182 55,44% 217 859 300
AUSTRALIE 240 844 282 1,390% 233 478 350 1,551% 7 365 932 3,15% 387 291 630
ITALIE 147 034 760 0,849% 30 533 210 0,203% 116 501 550 381,56% 26 202 180
N. CALEDONIE 113 038 861 0,652% 60 812 210 0,404% 52 226 651 85,88% 34 960 710
AUTRICHE 59 509 264 0,343% 45 467 480 0,302% 14 041 784 30,88% 260 000
SINGAPOUR 49 539 930 0,286% 106 528 420 0,708% -56 988 490 -53,50% 669 417 980
CANADA 35 328 454 0,204% 47 518 050 0,316% -12 189 596 -25,65% 27 878 780
THAILANDE 26 127 260 0,151% 16 158 740 0,107% 9 968 520 61,69% 60 931 260
TAIWAN 23 971 465 0,138% 24 108 560 0,160% -137 095 -0,57% 54 795 220
Nlle ZELANDE 22 834 684 0,132% 34 398 330 0,228% -11 563 646 -33,62% 75 877 425
ESPAGNE 17 035 110 0,098% 3 620 000 0,024% 13 415 110 370,58% 6 522 300
COREE du SUD 10 534 468 0,061% 30 393 870 0,202% -19 859 402 -65,34% 196 497 130
EMIRATS ARABES UNIS 9 806 660 0,057% 3 147 310 0,021% 6 659 350 211,59% 1 394 000
ROYAUME UNI 5 540 785 0,032% 0 0,000% 5 540 785 0
GUADELOUPE 5 309 716 0,031% 0 0,000% 5 309 716 4 169 059
CHINE 3 459 070 0,020% 1 200 000 0,008% 2 259 070 188,26% 0
BEL & LUX 3 236 920 0,019% 5 866 500 0,039% -2 629 580 -44,82% 6 695 750
RUSSIE 2 665 670 0,015% 0 0,000% 2 665 670 0
GUYANE FRANCAISE 1 600 000 0,009% 0 0,000% 1 600 000 0
O. NEO-ZELANDAISE 1 416 760 0,008% 0 0,000% 1 416 760 0
ISRAEL 1 261 000 0,007% 385 870 0,003% 875 130 226,79% 179 090
MEXIQUE 1 000 000 0,006% 395 640 0,003% 604 360 152,76% 0
BRESIL 752 000 0,004% 0 0,000% 752 000 0
SAMOA 634 123 0,004% 0 0,000% 634 123 0
REUNION 586 000 0,003% 0 0,000% 586 000 0
MARTINIQUE 491 709 0,003% 2 171 670 0,014% -1 679 961 -77,36% 38 000
REPUBLIQUE TCHEQUE 315 944 0,002% 2 996 540 0,020% -2 680 596 -89,46% 2 510 640
MONTSERRAT 218 860 0,001% 0 0,000% 218 860 0
CHILI 218 640 0,001% 109 035 0,001% 109 605 100,52% 70 700
PAYS BAS 0 0,000% 1 454 540 0,010% -1 454 540 -100,00% 0
ILES COOK 0 0,000% 805 020 0,005% -805 020 -100,00% 82 000
PAYS NDA 0 0,000% 410 000 0,003% -410 000 -100,00% 0
MAURICE 0 0,000% 368 950 0,002% -368 950 -100,00% 0
PHILIPPINES 0 0,000% 0 0,000% 0 542 593 790
O. AMERICAINES 0 0,000% 0 0,000% 0 18 810 000
GRENADE 0 0,000% 0 0,000% 0 13 652 000
INDONESIE 0 0,000% 0 0,000% 0 6 570 000
OMAN 0 0,000% 0 0,000% 0 1 875 420
FINLANDE 0 0,000% 0 0,000% 0 533 810
MALAISIE 0 0,000% 0 0,000% 0 0
ARUBA 0 0,000% 0 0,000% 0 0
FIDJI 0 0,000% 0 0,000% 0 5 743 000
W & FUTUNA 0 0,000% 0 0,000% 0 263 700
ANTILLES NEERL 0 0,000% 0 0,000% 0 0
TOTAL 17 328 498 966 100,00% 15 056 688 104 100,00% 2 271 810 862 15,09% 14 820 275 706

Service du Commerce Extérieur de Polynésie française

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